Trop pauvre pour obtenir une bourse ?

Umbrella 1971 Wen-Ying Tsai 1928-2013 Purchased 1972 http://www.tate.org.uk/art/work/T01521

Ces étudiants qui se retrouvent hors tout système d’aide financière aux études…

Le principe du Conseil Social d’un établissement d’enseignement supérieur est d’apporter une aide supplémentaire aux étudiants en difficulté, à ceux qui en ont un réel besoin. C’est là où je siégeais hier soir en tant que représentant des étudiants de la Haute Ecole Galilée, et c’est probablement l’organe de la Haute Ecole qui me tient le plus à cœur.

Vous avez remarqué ? J’ai dit « supplémentaire ».

En effet, pour pouvoir faire une demande au conseil social, un étudiant doit avoir été consulter toute autre source d’aide possible.

Cela inclut notamment la demande de bourse et d’aide au CPAS.

Parlons-en de ses deux mécanismes et commençons par la bourse. La bourse est une aide apportée par la communauté française, elle est donc la même partout en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les critères d’octroi à la bourse sont partout les mêmes : le plafond des revenus à ne pas dépasser pour obtenir une bourse est le même à Namur ou à Mons, et le plancher minimal des revenus pour en obtenir une est le même à Namur ou à Mons.

Le CPAS est une aide plus globale, pas uniquement axée sur les études, apportée par la commune ; ainsi, celui de Namur et celui de Mons ne considèrent pas forcement les mêmes revenus comme plafonds et peuvent donc octroyer une aide financière sur base de critères différents.

Vous commencez à voir le problème ? Non ?

On peut donc se retrouver avec des étudiants qui sont considérés comme trop riches pour avoir accès au CPAS et trop pauvres pour avoir accès a la bourse. Je répète, ILS SONT TROP PAUVRES POUR AVOIR ACCES A LA BOURSE, considérés comme trop en difficulté pour être aidés. En effet, selon les autorités, il n’est pas possible d’être « si pauvre » et dès lors, ceux-ci sont forcément fraudeurs. N’est-ce pas aberrant ?

Ils se retrouvent alors dans une situation plus difficile qu’un étudiant plus pauvre mais qui aurait droit au CPAS, le mettant au-dessus du plancher de la bourse et lui donnant alors accès à celle-ci.

Et je ne vous parle pas d’un cas isolé ; je vous parle de 3-4 étudiants dans ce cas par réunion dans un conseil social qui, en début d’année, peut se réunir 2 fois par semaine.

Le conseil social essaie alors de venir en aide à ces étudiants du mieux qu’on peut, mais, comme je vous l’ai dit, on apporte une aide supplémentaire aux étudiants, on ne peut pas remplacer la bourse et le CPAS, on n’a malheureusement pas les moyens suffisants.

Souvent, ces étudiants essayent de jobber sur le côté afin de payer leurs études et tous les frais qu’ils peuvent avoir en plus. Mais un étudiant jobiste est un étudiant qui a, généralement, moins de temps à consacrer à ses études et donc, à plus de risques d’échouer à ses examens, plus de risques de se retrouver non-finançable.

Vous le voyez, le cercle vicieux qui s’amorce ?

C’est pourquoi l’UNECOF demande une suppression des planchers, ou à défaut un abaissement. Elle désire également que les critères d’octroi entre les différentes instances (bourse, CPAS, conseil social) soient mieux articulés, de sorte qu’aucun étudiant ne se retrouve « hors système » et ôté de toute aide. Nous désirons ces changements pour que tous puissent étudier en paix sans avoir à se soucier de ses moyens financiers . En bref, pour que tous aient une chance de réussite ; une égalité des chances. Louis Ruffier d’Epenoux, Secrétaire politique Unécof