FIE : une réforme qui commencera en 2020

Contenu :

1. Allongement à 4 ou 5 ans
2. Des cours en Haute École, mais aussi en université
3. Test de maitrise en langue française.
4. Masters de spécialisation
5. Nouvelles disciplines
6. Nouvelles sections
7. Nouveau Barème
8. Mesures transitoires

Début février 2019, la réforme de la formation initiale des enseignants, réfléchie depuis presque 10 ans, a été votée au parlement de la FWB après avoir été adoptée par la commission de l’enseignement supérieur. Autrement dit,à partir de l’année 2020-2021, la formation des enseignants va être totalement modifiée.

Mais qu’est-ce qui va changer, qu’est-ce qui est important de savoir ?

1. Allongement à 4 ou 5 ans

Le premier changement est l’allongement des études, passant de 3 à 4 ans (un bachelier en 3 ans et un master de 1 an), voire en 5 ans si l’étudiant se dirige vers un master de spécialisation ou s’il choisit la section 4.

L’Unécof ne s’oppose pas à l’allongement d’un an tel que proposé. En effet, il est évident, il y a un réel besoin de renforcer la formation des enseignants. D’ailleurs, les étudiants actuels sont débordés par des études en 3 ans trop denses, dans lesquels ils ont un horaire bien trop chargé. Certains étudiants sont même au bord du burn-out. Une 4ème année pourrait donc être l’occasion de permettre aux étudiants d’avoir un rythme de cours plus soutenu, tout en ayant une formation bien plus complète. Néanmoins, sans avoir eu connaissance de la composition des programmes de cours, il nous est impossible de savoir si cette demande sera respectée.

2. Des cours en Haute École, mais aussi en université

Un autre grand changement est que tous les étudiants, quelle que soit la section qu’ils auront choisie, auront désormais des cours dispensés en Haute École ET en Université (ou en ESA lorsqu’il choisit une discipline artistique). Ces établissements seront en co-diplomation, et l’étudiant aura le cachet des différents établissements sur son diplôme.

Pour les Sections 1, 2 et 3, les crédits seront répartis comme suit :

– Parmi les 240 crédits de la formation, 180 sont dispensés en Haute Ecole (ou ESA) et 60 en université

  • Lors du bachelier (180 crédits), 150 sont dispensés en Haute Ecole (ou ESA) et 30 en université.
  • Lors du Master (60 crédits), 30 sont dispensés en Haute Ecole (ou ESA) et 30 en université.

Pour la Section 4 (secondaire supérieur), l’étudiant passera la plus grande partie de son temps en université (établissement référent) mais aura également des cours en HE.

– Parmi les 300 crédits de la formation, 240 seront dispensés en université (ou ESA), et 60 seront dispensés dans une HE.

  • Lors du bachelier, 150 crédits sont dispensés en Univ (ou ESA) et 30 en HE
  • Lors du master, 60 crédits sont dispensés en Univ (ou ESA) et 60 en HE.

Les MASTERS DE SPÉCIALISATION sont également organisés dans le cadre d’une co-diplomation entre une université (établissement référent) et une haute école. Les 60 crédits sont répartis entre 30 crédits en université et 30 crédits en Haute École.

L’apport des deux types d’établissements dans la formation des enseignants peut être positive dans le sens où elle permet d’amener la pratique et le pédagogique très maitrisé par les Hautes Écoles, et le théorique des Universités.

Néanmoins, les co-diplômations soulèvent un problème de mobilité des étudiants. En effet, ceux-ci devront perdre du temps et de l’argent dans des transports obligatoires. Nous avons donc demandé des dispositions afin que ce soient les professeurs qui se déplacent et non les étudiants.

Si cela n’était pas possible, nous voulions que les transports soient accessibles et surtout remboursés dans le cadre des trajets de la co-diplômation. Le décret nous donne peu d’assurances quant à ces aux demandes : il stipule uniquement que «Les établissements prennent les dispositions nécessaires, dans le cadre de la co-diplômation, pour que les étudiants ne soient pas confrontés à des problèmes de mobilité importants entre les deux institutions partenaires.

Les conventions de co-diplômation décrivent explicitement les mesures mises en place pour éviter les problèmes de mobilité».

3. Test de maitrise en langue française.

Voici une grande nouveauté. Lorsqu’il s’inscrit en première Bachelier, l’étudiant devra passer obligatoirement un test «diagnostique» sur la maitrise de la langue française. Ce test coute 30 euros, et il est remboursé par l’établissement moyennant participation au test.

Si l’étudiant le réussit, tant mieux. S’il le rate, il peut tout de même s’inscrire dans des études d’enseignant. Néanmoins, il devra alléger son programme de deuxième quadrimestre du premier bloc pour y inclure 5 crédits complémentaires de renforcement de maitrise de la langue française. (autrement dit, il devra «abandonner» 5 crédits du 2e quadri pour le reporter au 2ebloc, afin de le remplacer par 5 crédits en remédiation de langue française).

L’étudiant aura donc, au final, un bachelier de 185 crédits au lieu de 180, et ces 5 crédits seront les mêmes que 5 autres crédits dits «classiques».

C’est une demi-victoire pour l’Unécof. En effet, nous avons toujours plaidé pour un examen «non-éliminatoire», obligatoire mais non contraignant.

Le texte précédent prévoyait que l’échec des 5 crédits en fin de 1er bloc empêche l’étudiant de poursuivre ses études. Heureusement, suite à cela,cette disposition a été modifiée et ces 5 crédits ne sont plus «contraignants». Néanmoins, reste à savoir comment cela sera mis en place en pratique par les établissements.

A voir également si le test respecte bien le décret de 2014 sur l’enseignement supérieur inclusif.

L’étudiant aura donc, au final, un bachelier de 185 crédits au lieu de 180, et ces 5 crédits seront les mêmes que 5 autres crédits dits «classiques». C’est une demi-victoire pour l’Unécof. En effet, nous avons toujours plaidé pour un examen «non-éliminatoire», obligatoire mais non contraignant.Le texte précédent prévoyait que l’échec des 5 crédits en fin de 1er bloc empêche l’étudiant de poursuivre ses études. Heureusement, suite à cela,cette disposition a été modifiée et ces 5 crédits ne sont plus «contraignants». Néanmoins, reste à savoir comment cela sera mis en place en pratique par les établissements. A voir également si le test respecte bien le décret de 2014 sur l’enseignement supérieur inclusif.

4. Masters de spécialisation

Comme expliqué au point 1, les étudiants peuvent choisir de suivre un master de spécialisation d’un an après le master obligatoire d’un an. Ces masters de spécialisations, il en existera plusieurs :

  • Master à dominante pédagogique : pour les sections 1, 2 et 3
  • Master à dominante disciplinaire : pour les sections 2 et 3
  • Master à dominante linguistique : pour les sections 1, 2 et 3

5. Nouvelles disciplines

Les disciplines de cours changent également pour certaines sections.

– Section 1 : Les futurs enseignants prennent en charge l’ensemble de la formation de leurs élèves (sauf éducation physique, deuxième langue et morale ou religion lors des deux premières années de primaire)

– Section 2 : Les futurs enseignants prennent en charge l’ensemble de la formation de leur élèves en maternelle. En primaire, ils prennent en charge l’ensemble de la formation sauf l’éducation physique, la deuxième langue et morale et religion)

– Section 3 : Les étudiants de la section 3 devront choisir une discipline ou famille de discipline parmi les suivantes :

  1. Français et Morale;
  2. Français et Religion;
  3. Français et Éducation à la philosophie et citoyenneté;
  4. Français et Langues anciennes;
  5. Français et Formation culturelle et artistique
  6. Deux langues modernes parmi Anglais, Allemand, Néerlandais;
  7. Mathématiques et Technologies;
  8. Sciences et Technologies;
  9. Éducation physique et Éducation à la santé;
  10. Sciences humaines et Éducation à la philosophie et citoyenneté ou Religion ou Morale;
  11. Formation artistique : musique;
  12. Formation artistique : arts plastiques.

– Section 4 : Les future professeurs devront également choisir une discipline parmi les suivantes :

  1. Grec ancien et Latin;
  2. Langues modernes (deux langues parmi les langues enseignées dans le degré supérieur de l’enseignement secondaire);
  3. Biologie;
  4. Chimie;
  5. Éducation physique;
  6. Français;
  7. Géographie;
  8. Histoire;
  9. Mathématiques;
  10. Philosophie et citoyenneté;
  11. Physique;
  12. Sciences économiques;
  13. Sciences sociales;
  14. Arts plastiques, visuels et de l’espace;
  15. Musique;
  16. Arts de la parole et du théâtre;
  17. Religion ou Morale;
  18. Arts du spectacle et techniques de diffusion et de communication.

Comme vous pouvez le constater, l’appariement Français-Français langue étrangère a littéralement disparu.

En conséquence, on ne formera plus de professeurs de FLE. L’apprentissage du FLE devient une option transversale, que chaque professeur (math, sciences..) pourra choisir. On saupoudre un peu de FLE dans chaque discipline. Il est apparemment également prévu une option FLE de 30 crédits uniquement pour les étudiants inscrits dans un master en didactique.

L’Unécof regrette la disparition du FLE. En effet, la réforme supprime une discipline dans laquelle il y a beaucoup de demande de formation. Les professeurs de FLE sont de plus en plus sollicités, que ce soir dans les Centres d’Intégration Régionaux que dans les classes DASPA, ou même à l’étranger.

L’Unécof avait tiré la sonnette d’alarme, en collaboration avec les CRI, le Mrax, le Ciré et des Conseils Étudiants affiliés. Nous avions mené une pétition ayant récolté plus de 1000 signatures, déposée chez le ministre et auprès de chaque chef de parti. Nous avons également reçu le soutien nombreux députés qui ont défendu la nécessité de garder cette formation intacte.

Malgré cela, malheureusement, le FLE n’a pas été réintégré en tant que discipline, le Ministre étant convaincu que sa solution d’option est la meilleure.

Vous êtes étudiants en FLE ? Soyez flattés, vous serez les derniers !

6. Nouvelles sections

Le deuxième grand changement est la modification des sections dans lesquelles les professeurs se formeront, avec une logique de chevauchement des différentes sections et formations, de sorte d’assurer une continuité pour les élèves. En d’autres termes, un professeur ne sera plus professeur «maternelle» mais sera formé pour donner cours de la maternelle à la 2ème primaire, et ainsi de suite pour les autres types de professeurs.

Voici donc comment se présente la nouvelle formation :

  • Section 1 : enseignants de la 1ère maternelle à la 2ème année de primaire. (240 crédits : 3 ans de bachelier + 1 an de master)
  • Section 2 : enseignants de la 3ème maternelle à la dernière année de primaire. (240 crédits:3ans de bachelier + 1 an de master)
  • Section 3 : enseignants de la 5ème primaire à la 3ème secondaire. (240 crédits : 3ans de bachelier + 1 an de master)
  • Section 4 : enseignants de la 3ème secondaire à la 6ème secondaire (secondaire supérieur) 300 crédits : 3 ans de bachelier + 2 ans de master)

7. Nouveau Barème

Qui dit étudier une année en plus, dit être mieux rémunéré.

Néanmoins, aucun barème n’existe actuellement pour des études de professeur ayant suivi un bachelier + un master 60. Actuellement, pour les professeurs ayant suivi une formation de bachelier, le barème est le 301. Pour les professeurs ayant suivi une formation en Master (180 crédits), le barème est le 501. Le décret prévit donc une revalorisation barémique ; Néanmoins, rien n’existe et donc tout reste à créer.

On ne sait actuellement pas de quelle manière seront payés les futurs professeurs sortant de la nouvelle formation en 4 ans. Nous le saurons uniquement dans quelques années.

8. Mesures transitoires

La nouvelle formation commencera donc en 2020-2021, comme demandé par l’Unécof.

Les étudiants inscrits avant l’année 2020-2021 dans le cursus instituteur préscolaire, bachelier instituteur primaire, bachelier agréé de l’enseignement secondaire inférieur ou bachelier en formation musicale terminent ce sursis durant les années 2020-2021 et 2021-2022. Néanmoins, ils auront jusque l’année académique 2023-2024 pour terminer leur cursus dans l’ancien modèle ; après, ils basculeront dans la nouvelle formation.

Les étudiants inscrits avant l’année 2023-2024 dans l’agrégation termineront leur cursus normalement en 2023-2024. Néanmoins, il auront jusque 2024-2025 pour terminer leur cursus dans l’ancien modèle;faute de quoi ils basculent dans le nouveau modèle.

Les étudiants inscrits avant 2023-2024 dans un cursus de deuxième cycle à finalité didactique terminent le cursus normalement au maximum en 2024-2025. Ils ont jusque 2025-2026 pour terminer leur cursus ; faute de quoi ils basculent dans le nouveau modèle.

Pour les étudiants titulaire du bachelier instituteur préscolaire, instituteur primaire ou agréé de l’enseignement secondaire inférieur dans l’ancienne formation ont accès au nouveau deuxième cycle (Master).